LE TIROIR SUIVI DE L'ARMOIRE


L'ambiguité du titre (on pourrait croire qu'il s'agit de deux pièces distinctes) dit bien le malicieux humour de l'auteur : les deux pièces n'en font qu'une, l'armoire finissant, mais in extremis, par succéder au tiroir évoqué dans le préambule de la comédie. Une comédie d'autant plus légère, désinvolte même, que le sujet en est sérieux : comment s'y prendre quand on est fille pour se dépêtrer d'un amour maternel vampirisant. S'inventer des secrets? Déménager? Couper les ponts? Séduire un collègue de bureau?

Pièce à quatre personnages (pour trois comédiens minimum, 2 femmes, 1 homme)

Création par le Théatre Populaire Romand, mise en scène de Charles Joris. En tournée dans toute la Suisse romande, novembre 1997 – avril 1998

Création, vendredi au Théâtre d'Yverdon-les-Bains, d'une pièce d'Emanuelle Delle Piane.

Sortant comme il aime à le faire de ses montagnes neuchâteloises, le Théâtre Populaire Romand va donner, en création, un texte d'Emanuelle Delle Piane au titre singulier: Le Tiroir suivi de l'Armoire.

Afin de boucler des secrets qu'elle ne possède pas, Lison se rend chez un quincaillier. Elle en ressort avec un cadenas et une serrure blindée... Ensuite la comédie déroule sa mécanique, dans l'univers du privé, entre sentiments personnels et désir de mieux vivre, le tout au milieu d'une foultitude d'objets. C'est un ton tout à fait particulier que celui d'Emanuelle delle Piane, scénariste et écrivain née à La Chaux-de-Fonds. On évoque à son propos un “burlesque contemporain”, des clins d'oeil à la Tati, un humour malicieux qui détonne avec la littérature romande, qu'on dit réputée pour ses penchants mélancoliques et introspectifs.

Après avoir fait entendre cette œuvre dans le cadre du Parloir Romand, en septembre, Charles Joris va donc la porter à la scène. La première représentation aura le Théâtre d’Yverdon pour cadre, prélude à une vaste tour­née, avec des représentations, notamment, au Poche de Genève (en décembre) et au Théâtre Vidy-Lausanne (en avril 1998).

René Zahnd, 24Heures, novembre 1997