HEIDI

Par la trappe du grenier, une petite fille malheureuse entre en scène…

Elle n’a personne à qui se confier… même pas de grand-père. Elle découvre le livre poussiéreux de Heidi… et au fur et à mesure de sa lecture, les souvenirs s’animent : la lumière de la montagne, le vent des glaciers et les échos de la mémoire.

Une adaptation pour la scène de l'œuvre de Johanna Spyri, sous forme de narration, de jeu théâtral et de comédie musicale.

Pièce à quatre personnages (pour quatre comédiens, 1 homme, 1 femme, 1 fille, 1 garçon)

Création au Petit Théâtre de Lausanne, mise en scène Gérard Demierre, novembre 2000

Craquante Heidi

Le cadre de la scène est décoré de mots en lettres allemandes. Gérard Demierre, metteur en scène, tenait à ce qu'on se souvienne qu'Heidi est l'héroïne d'un livre publié en 1880 par Johanna Spyri, auteure suisse-alémanique. On entre dans la pièce à l'avant-scène, lorsque Dete, la tante de Heidi (Romaine de Nando), boucle une valise et annonce à la petite fille (Yaëlle Wyss) qu'elle l'emmène chez son grand-père car elle ne peut plus s'occuper d'elle. A voir la mine contrariée de l'enfant à qui l'on refuse d'expliquer les raisons de cette décision, on se rend compte qu'Heidi est un conte tragique sur les pérégrinations d'une enfance orpheline.

Durant toute la pièce - adaptée par Emanuelle Delle Piane - on la verra se battre, telle une petite chèvre (on en voit une vraie sur scène !), pour conserver son intégrité. Et rien ne parviendra à lui faire perdre son naturel et sa générosité. Tout d'abord, elle gagne l'affection d'un grand-père bourru. Rebelle, elle résiste ensuite à se soumettre aux règles d'éducation draconienne qu'on tente de lui inculquer à Francfort - où elle est à nouveau déplacée - préférant se laisser mourir plutôt que de devenir une jeune fille rangée et "bonne à marier". Aujourd'hui, on peut lire Heidi comme un conte d'émancipation féminine.

24Heures, décembre 2000