LES PETITES PERSONNES

S'inspirant de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant, le texte propose un éclairage « pleins feux » sur les réalités de l’enfance à travers le monde, les existences troublées des enfants du XXIème siècle.

But : Donner la parole aux enfants qui ne peuvent pas ou ne peuvent plus le faire. Mettre en mots et en lumière les silences de « petites personnes » victimes du non-respect des droits humains les plus élémentaires.

Le ton est sans détour. Sans concession. Sans jugement. Sans artifices ou fioritures. Sans mièvrerie, sans apitoiement. La parole, ici, est donnée aux enfants. Pour une fois ce sont eux qui racontent les histoires, « leur histoire », aux grands !

Monologues pour comédien(ne)s et chœur d'enfants

Pour mémoire…

Chocolat

Aux noisettes, au lait, praliné, fourré, noir amer…

On habitait au Mali, au Burkina, au Togo

Chez nous, vous aurez un vélo et vous irez à l’école, ils ont dit.

A la place du vélo, on a reçu une machette

Et l’école a duré une matinée

Le temps d’apprendre à aller chercher les fèves en haut des arbres,

Le temps d’apprendre à les fendre,

Le temps d’apprendre à remplir et à porter les sacs de cabosses

Aux noisettes, au lait, praliné, fourré, noir amer…

On a entre six et seize ans

On est plus d’un million

Enfermé dans des camps

À grimper, fendre, porter

À porter des sacs lourds

Plus lourds que nous

Pour le patron

Aux noisettes, au lait, praliné, fourré, noir amer…

On n’est pas payés,

Juste forcés de travailler

12, 14 heures par jour

Sans se blesser, sans se couper

Parce que si on se blesse, si on se coupe

On n’est pas soignés et on oublie de nous donner à manger

Aux noisettes, au lait, praliné, fourré, noir amer…

On n’en a jamais goûté

Pas même un carré

Paraîtrait pourtant que c’est délicieux

N’est-ce pas, le chocolat ?…