LÉNA, PRINCESSE DU RIEN

Un père et une mère subissent au quotidien Léna, leur fille adolescente démotivée et blasée. Léna n’aspire à rien, n’aime rien ni personne, ne respecte rien, provoque et accumule sans limite les interdits moraux et sociaux. Les parents ont beau s’acharner, ils ne pourront que constater leur impuissance face à l’éducation et au devenir de leur fille unique. Une seule solution pour eux : abdiquer. Léna, elle, choisit de poursuivre sa descente aux enfers...

«Il est trop facile de critiquer les parents quand certains jeunes n'en font plus qu'à leur tête et considèrent que leurs droits légitimes n'entraînent aucuns devoirs de leur part. Ce qui nous touche ici, c'est que les parents démissionnent et ne reviendront pas sur leur décision. Pas de happy-end. Léna paiera les conséquences de ses actes jusqu'au bout. Dur et très en rupture avec pas mal d'autre textes mettant des ados en scène.» (Lansman Editeur)

Pièce pour trois personnages (1 femme, 1 homme, 1 jeune fille)

Mise en espace par Abdel-Rahym Madi avec les élèves de l'ESAD, Mardi Midi du Théâtre 13, Paris, février 2014

Création polonaise par la Cie Alatyr, mise en scène Jakub Kasprzak, Poznan, décembre 2016

teatralatyr.pl/lena.html

       Le Matricule des Anges No 169 / janvier 2016

Monologue de LÉNA, extrait

« Ça me fait rire. On dirait tous qu'ils sont choqués quand je dis que je ressens rien. Tu ressens des trucs, toi ? Non, ben t'es comme moi, c'est cool. Ça sert à quoi de toute façon ? Pourquoi s'emmerder à avoir peur ou à être triste ? Pourquoi aussi faudrait absolument avoir des projets, des ambitions ou des perspectives à la con ? C'est nul. Pas besoin de ça, moi, en tout cas. Je peux crever là, maintenant, demain ou un autre jour. Alors qu'est-ce que ça peut foutre, hein ? C'est quoi que tu fumes ? Fais goûter. Non ? Ben tant pis. Garde ta saloperie. J'ai déjà ce qu'il faut dans les veines. Vachement bonne la dope du surveillant. Elle est pas chère en plus. Suffit que j'écarte les jambes et c'est parti pour un tour au royaume des couleurs... Je suis une Princesse, moi. La Princesse du rien. Bleu, rouge, violet, vert, blanc, tous autant que vous êtes, je vous emmerde. Profond. »

Poznan, décembre 2016